CIDFF de Corse du Sud

Madame Pueyo, coordinatrice du CIDFF de Corse du Sud témoigne à propos du projet autour du spectacle "Arrête ! Tu me fais mal" qui a eu lieu du 14 au 17 novembre 2011 à Ajaccio et à Vico.

Madame Pueyo, pourriez-vous nous présenter le CIDFF et son champ d’action ?

Le Centre d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles de Corse du Sud est rattaché à un réseau national le CNIDFF Centre National d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles. Il couvre des domaines d’intervention pluriels :

  • Accès au droit, information gratuite et anonyme du public
  • Lutte contre les violences conjugales, égalité hommes/femmes
  • Education et citoyenneté : actions en milieu scolaire pour favoriser le respect et l’égalité entre les filles et les garçons, lutte contre les discriminations.

 

Quels étaient vos objectifs lors de votre événement ?
Les objectifs étaient d’impliquer, fédérer et sensibiliser les élèves aux conséquences et à la banalisation de la violence, mais également de générer une prise de conscience qui bousculera le modèle établi et donnera aux spectateurs des perspectives autres.
Sensibiliser les élèves et le personnel encadrant des établissements scolaires à la violence quotidienne.
Permettre aux élèves de nommer et verbaliser la violence.


Pourquoi avoir décidé de faire appel à L’Eeffet théâtre ?
En raison du support théâtre très adapté pour capter l’attention des élèves et aborder des sujets sensibles.

Comment a réagi le public, d'un point de vue général ? Quelles ont été les réactions marquantes ?

359 élèves ont participé au spectacle. Notre évaluation a porté sur 183 élèves qui ont répondu au questionnaire de satisfaction.

Réponse à la question :

La séance vous a :

  • Intéressé : 81%
  • Fait réfléchir : 36% 
  • ennuyé : 6%
  • inutile : 0%

Réponse à la question :

Pensez-vous que cette séance puisse vous faire réfléchir sur votre comportement au quotidien :

  •  Oui sûrement : 50%
  •  Peut-être dans certaines circonstances : 45%
  •  Non : 5%

La majorité des élèves ont trouvé l’intervention trop courte et auraient souhaité plus de temps. Il est certain que la violence abordée par le théâtre a beaucoup intéressé les élèves. Ils ont activement participé aux débats. La majorité d’entre eux a trouvé la violence décrite dans la saynète en deçà de la réalité.

Ils ont également apprécié la présence de l’assistante sociale, de l’infirmière et des conseillers d’éducation au spectacle.

Les élèves se sont immédiatement identifiés aux comédiens et aux situations jouées, grâce à l’émotion dégagée et au réalisme de la scène. L’effet miroir a très bien fonctionné. Les victimes se sont retrouvées dans les scènes de souffrance et les auteurs dans les scènes de violence. Ils ont pu prendre conscience des souffrances des victimes mais également de celles qui poussent l’agresseur à faire mal. Les enfants ont proposé des solutions, il faut parler de la violence à ses parents, aux enseignants, il faut canaliser la violence en faisant des sports de combat, consulter des psychologues, ne pas se moquer de ses camarades, être plus tolérant, ne pas frapper etc…

Dans la troisième partie du spectacle les élèves n’ont pas fait empiré la situation mais au contraire ont trouvé des solutions pour que l’histoire finisse bien.

La violence a pu être abordée de manière ludique. Ce support est un outil pédagogique qui permet aux enseignants de parler de la violence et de ses effets. Les élèves ont pu aborder ce thème au préalable avec les assistantes sociales, les infirmières et conseillers principaux d’éducation. 

Suite à cette sensibilisation sur les violences, certains élèves ont pu verbaliser la violence subie de la part de leur camarade. Les auteurs ont été sanctionnés. Il est important que les élèves sachent que la violence n’est pas un mode de communication.

Le personnel encadrant infirmières, assistantes sociales, les conseillers principaux d’éducation et les professeurs sont tous d’accord sur l’effet positif de cette action. Ils souhaitent renouveler l’action en 2012.

Un guide d’exploitation du spectacle a été remis aux référents de l’action dans les établissements scolaires. Ils peuvent ainsi continuer à exploiter les spectacles pour débattre de la violence.


 Comment avez-vous perçu et ressenti le spectacle, tant sur le fond que sur la forme. 
L’alternance saynète, débat et reprise improvisée des comédiens est bien équilibré. Les saynètes sont très bien jouées, les élèves ont appréciés la scène au ralenti.
La partie débat est plus ou moins riche suivant les élèves et le ressenti des comédiens. Les consignes données ne sont pas toujours claires pour les élèves, notamment pour la troisième partie du spectacle. J’aurai aimé plus de synthèse dans le débat de la part des comédiens, comme par exemple, un petit point qui synthétise les choses importantes dites par les élèves.

Pour conclure, comment définiriez-vous l’impact du théâtre en matière de sensibilisation, de prévention ?

Le théâtre est un outil d’animation interactif qui permet aux élèves de s’identifier aux personnages et de leur faire prendre conscience  de leurs propres attitudes par l’effet miroir qu’il produit. Il suscite également à travers les débats une réflexion pour déconstruire leurs comportements parfois violents et les amener à des relations plus égalitaires.  

Les comédiens sont à la fois des :

  • Animateurs qui gèrent un groupe de façon dynamique,
  • Des médiateurs car le débat repose sur l’échange d’expériences des élèves et qu’il convient donc de susciter cette prise de parole et d’obtenir que de ces échanges naissent de nouveaux savoirs. 

> En savoir plus sur la pièce "Arrête ! Tu me fais mal"

> Découvrez l'interview de Solène et Gean Cartier, comédiens, suite à ce projet.

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L'effet Théâtre

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